N° 149
Février 2017
Aktion in Gedenken an die Opfer des bewaffneten Konflikts, Bogotá, 2016. Copyright: PBI Commémorations des victimes du conflit armé à Bogota, 2016. Peace Brigades International

En dépit de l’accord de paix signé entre le gouvernement et les Forces armées révolutionnaires de Colombie, la situation des défenseurs des droits humains (DDH) en Colombie reste préoccupante. Selon l’organisation Somos Defensores, les violences perpétrées à l’encontre des DDH entre janvier et juin 2016 ont représenté une agression tous les deux jours et un assassinat tous les cinq jours. En raison de l’impunité structurelle, la majeure partie de ces actes criminels ne sont pas poursuivis.

Les défenseurs des droits fonciers et de l’environnement sont les premiers visés. Peace Brigades International (PBI) et Peace Watch Switzerland (PWS), qui protègent les DDH par leur présence internationale, l’observation et l’accompagnement, rapportent ici deux cas critiques.

Entre le 17 et le 21 novembre 2016, quatre dirigeants communautaires ont été tués et trois ont été la cible de tentatives d’assassinat. L’activiste Argemiro Lara, figure de proue de plusieurs organisations de lutte pour les droits fonciers et la restitution des terres aux paysans dans le département de Sucre, dans le nord du pays, doit la vie sauve à son garde du corps, qui l’a protégé lors de l’attaque. En raison de son engagement, Lara a déjà été visé à plusieurs reprises par des intimidations et des menaces, qu’il a systématiquement déclarées à la police sans que les auteurs soient jamais inquiétés. L’accompagnement de ce cas est assuré par PBI.

Le défenseur des droits humains Alvaro García est incarcéré depuis avril 2016 sans avoir fait l’objet d’une condamnation exécutoire. Alvaro est l’un des principaux acteurs du mouvement agraire des deux communes de Bella Unión et El Guayabo, dont les habitants vivent sous la menace d’une expulsion imminente de leurs terres. Les accusations fausses et infondées portées à son encontre s’inscrivent dans une stratégie globale de criminalisation des leaders communautaires. Trois autres dirigeants ont été contraints de se cacher durant plus de six mois avant d’être lavés de tout soupçon. Là encore, l’objectif est d’intimider la population, d’affaiblir la mobilisation et de mettre à profit les absences pour créer des faits accomplis et prendre possession de nouvelles terres en toute illégalité. Ce cas est encadré par PWS.